Xeo, compositrice, musicienne et chanteuse en interview sortie de scène sur le festival 22 v'là Geoges à Sète

24 octobre 2026
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à l’Espace Georges-Brassens, le public était convié à une proposition singulière : « Xéo chante Brassens ».

Une rencontre musicale portée par une histoire de transmission, puisque Xéo ou clara girnes la fille d’Angel Girones, artiste aux multiples facettes — auteur-compositeur-interprète, comédien, réalisateur, guitariste et chanteur — profondément ancré dans la tradition de la chanson française à texte.

À leurs côtés, Alain Aouat, musicien reconnu dans la région sétoise pour ses talents d’accordéoniste, de pianiste et de guitariste, contribue à faire vivre ce répertoire exigeant, nourri par les grandes figures de la chanson française.

Mais au-delà de l’hommage, c’est une véritable relecture de l’œuvre de Brassens qui se dessine.

Avec sa voix féminine, fragile et sensuelle, Xéo choisit la nuance plutôt que l’imitation, l’intimité plutôt que la démonstration.

Elle ne cherche pas à reproduire les interprétations auxquelles le public est habitué, mais à révéler d’autres reliefs dans des chansons que l’on croit pourtant connaître par cœur.

Cette approche prend tout son sens face à l’image traditionnellement associée à Brassens : celle d’un homme à la guitare, à la voix rocailleuse, à l’ironie mordante et à la gouaille volontiers canaille.

En s’éloignant de ces codes, Xéo ne trahit ni l’esprit ni la lettre du répertoire. Elle en déplace simplement le point de vue. La douceur de son interprétation n’atténue pas l’impertinence des textes ; elle en souligne, au contraire, les subtilités, la poésie et parfois la mélancolie.

À travers cette voix féminine, Brassens se laisse entendre autrement.

Les mots conservent leur insolence, les textes leur liberté, mais leur résonance évolue.

C’est là toute la force de cette proposition : démontrer qu’une œuvre patrimoniale ne demeure vivante qu’à la condition d’être constamment réinterrogée, réappropriée et transmise.

Se produire à Sète, ville natale de Georges Brassens, confère naturellement à cette démarche une dimension particulière.

Dans cette cité où la mémoire du chanteur imprègne encore le paysage culturel, chaque interprétation entretient un dialogue singulier entre héritage et création.

Repérée et programmée par le collectif Cap Brassens, Xéo trouve ainsi un cadre privilégié pour affirmer sa propre identité artistique et inscrire sa lecture du répertoire dans une tradition de transmission.

L’histoire familiale ajoute une dimension supplémentaire à cette rencontre.

De père en fille, la chanson devient un langage partagé, un patrimoine qui se transmet sans se figer.

Une illustration concrète de cette filiation artistique qui permet aux œuvres de traverser les générations sans perdre leur force originelle.

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